L’essentiel
- Le contrôle technique des voitures porte sur 133 points regroupés en 9 fonctions.
- Plus de 600 défaillances possibles sont classées en trois niveaux : mineure, majeure, critique.
- Le contrôle est visuel et instrumental, sans démontage.
- Depuis le 1er janvier 2026, les rappels graves non réalisés du constructeur sont aussi vérifiés.
- Les motos et autres véhicules de la catégorie L ont leur propre référentiel, d’environ 80 points.
Le chiffre de 133 points revient dans toutes les discussions sur le contrôle technique, sans que l’on sache toujours ce qu’il recouvre. Ces points sont fixés par l’annexe I de l’arrêté du 18 juin 1991, modifié à plusieurs reprises, notamment lors de la réforme de mai 2018 qui a transposé la directive européenne 2014/45/UE. Ils sont identiques dans tous les centres agréés. Ce guide les passe en revue fonction par fonction, avec ce que le contrôleur observe et les défauts qui font le plus souvent échouer.
Comment le contrôleur procède
Le contrôle est non destructif et sans démontage : pas de roue déposée, pas de carter ouvert. Le contrôleur combine :
- un examen visuel, du dessus, de l’intérieur et du dessous (fosse ou pont) ;
- des essais fonctionnels : actionner les commandes, les feux, l’avertisseur, les essuie-glaces ;
- des mesures instrumentales : banc de freinage, plaques à jeu, réglophare, analyseur de gaz ou opacimètre, sonomètre si nécessaire.
Chaque anomalie relevée correspond à une défaillance codifiée, dont le niveau (mineur, majeur ou critique) est défini par la réglementation et non laissé à l’appréciation du centre. Plus de 600 défaillances différentes sont ainsi répertoriées.
Les 9 fonctions contrôlées
| Fonction | Exemples d’éléments vérifiés |
|---|---|
| 0. Identification | Plaques, numéro VIN, concordance avec la carte grise |
| 1. Freinage | Disques, plaquettes visibles, canalisations, liquide, efficacité et équilibre, frein de stationnement, ABS |
| 2. Direction | Jeu, rotules, crémaillère, colonne, assistance |
| 3. Visibilité | Pare-brise, vitres, rétroviseurs, essuie-glaces, lave-glace |
| 4. Feux et équipements électriques | Tous les feux, réglage des phares, catadioptres, batterie, câblage |
| 5. Essieux, roues, pneus, suspension | Pneus, jantes, roulements, amortisseurs, ressorts, silentblocs |
| 6. Châssis et accessoires | Longerons, corrosion, carrosserie, sièges, portes, réservoir, échappement |
| 7. Équipements divers | Ceintures, airbags, avertisseur sonore, compteur de vitesse, antivol |
| 8. Nuisances | Émissions polluantes, bruit, fuites de fluides |
Fonction par fonction : ce qui est observé
0. Identification du véhicule
Tout commence par la carte grise. Le contrôleur vérifie que les plaques sont présentes, fixées, lisibles et conformes, et que le numéro d’identification (VIN) frappé sur la caisse correspond à celui du certificat d’immatriculation. Une plaque cassée, décolorée ou illisible est un motif classique de contre-visite, alors qu’elle se remplace pour quelques euros.
1. Freinage
C’est la fonction la plus lourde du contrôle. Au banc, le contrôleur mesure pour chaque essieu la force de freinage et le déséquilibre entre la roue gauche et la roue droite, puis l’efficacité du frein de stationnement. Visuellement, il regarde l’état des disques et des plaquettes quand ils sont visibles, les flexibles, les canalisations (corrosion, fuites), le niveau et l’aspect du liquide, et le témoin d’ABS.
Un déséquilibre important, une efficacité insuffisante ou une fuite de liquide de frein font partie des défaillances majeures, voire critiques quand le freinage est gravement compromis.
2. Direction
Le véhicule est placé sur des plaques à jeu qui font bouger les roues pendant que le contrôleur observe les rotules, biellettes et crémaillère. Il vérifie aussi le jeu au volant, la fixation de la colonne et le fonctionnement de l’assistance. Un jeu excessif dans une rotule de direction est un motif fréquent de contre-visite sur les véhicules qui ont beaucoup roulé.
3. Visibilité
Pare-brise (impacts et fissures, en particulier dans le champ de vision du conducteur), vitres, rétroviseurs, essuie-glaces et lave-glace. Un balai d’essuie-glace qui ne nettoie plus ou un lave-glace vide sont des défaillances évitables. Notre conseil : faites réparer un impact dès qu’il apparaît, avant qu’il ne se transforme en fissure.
4. Feux, réflecteurs et équipements électriques
Chaque feu est allumé et contrôlé : croisement, route, position, stop, clignotants, feux de détresse, recul, brouillard arrière, éclairage de plaque. Le réglage de la hauteur des phares est mesuré. Le contrôleur regarde aussi la batterie et le câblage apparent. Pour un véhicule électrique ou hybride, il examine le câblage haute tension visible et la prise de recharge.
Les feux sont statistiquement l’une des premières causes de défaillance, et l’une des plus faciles à éviter : vérifiez toutes les ampoules la veille, avec l’aide d’une deuxième personne ou d’un reflet dans une vitrine.
5. Essieux, roues, pneus et suspension
Les pneus sont contrôlés sur leur profondeur de sculpture (le minimum légal est de 1,6 mm, repéré par les témoins d’usure), leur état (hernies, coupures, déchirures), leur conformité aux dimensions prévues et l’homogénéité sur un même essieu. Les jantes, roulements, amortisseurs, ressorts, bras et silentblocs sont examinés depuis la fosse. Un amortisseur qui fuit ou un ressort cassé conduisent généralement à une contre-visite.
6. Châssis et accessoires
La corrosion est surveillée de près, surtout sur les éléments porteurs (longerons, bas de caisse, points d’ancrage). Une corrosion perforante sur une zone structurelle est une défaillance sérieuse. Sont aussi contrôlés la fixation du système d’échappement, le réservoir et les canalisations de carburant, les portes, capot et hayon (ouverture et fermeture), les sièges et leur fixation, la carrosserie (éléments saillants ou tranchants).
7. Équipements divers
Ceintures de sécurité (état, enroulement, verrouillage), airbags (présence, témoin), avertisseur sonore, compteur de vitesse, dispositif antivol. Le voyant d’airbag allumé est une cause fréquente de contre-visite.
Depuis le 1er janvier 2026, le contrôleur consulte également la base du ministère chargé des transports pour savoir si le véhicule fait l’objet d’un rappel grave du constructeur non réalisé, comme les rappels « stop drive » des airbags Takata. Dans ce cas, une défaillance critique est relevée : la réparation, gratuite, doit être faite par le réseau du constructeur avant la contre-visite.
8. Nuisances
Mesure des émissions polluantes (gaz d’échappement pour l’essence, opacité des fumées pour le diesel), contrôle du système d’échappement et de son silencieux, recherche de fuites de fluides (huile, carburant, liquide de refroidissement). Pour les véhicules récents, la lecture du système de diagnostic embarqué complète ces mesures. Notre guide contrôle pollution détaille les seuils et les cas d’échec.
Les défauts qui provoquent le plus de contre-visites
Sans reprendre de statistiques officielles détaillées, les retours des centres convergent sur quelques familles de défauts récurrents :
- Éclairage : ampoule grillée, phare mal réglé, feu stop inopérant ;
- Freinage : déséquilibre, disques ou plaquettes usés, frein à main insuffisant ;
- Pneumatiques : usure au-delà des témoins, pneus différents sur un même essieu ;
- Trains roulants : rotules ou silentblocs usés, amortisseurs fatigués ;
- Pollution : diesel dont le filtre à particules est encrassé ou dont la dépollution est défaillante ;
- Visibilité : pare-brise fissuré dans le champ de vision.
La plupart de ces points se vérifient ou se corrigent avant le contrôle, à faible coût.
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Contre-visite voiture — France métropolitaine
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Ce que le contrôle technique ne vérifie pas
Le contrôle technique n’est pas un diagnostic mécanique complet. Il ne vérifie pas l’état interne du moteur ou de la boîte de vitesses, l’usure de l’embrayage, la courroie de distribution, la climatisation, le kilométrage « réel » au-delà de la cohérence avec les contrôles précédents, ni l’état de la batterie de traction d’un véhicule électrique au sens de sa capacité. Pour un achat d’occasion, un contrôle technique favorable est donc une base utile, mais pas une garantie totale.
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Puisque les 133 points sont les mêmes partout, choisir son centre revient à comparer le prix, la disponibilité et la politique de contre-visite. Notre comparateur recense les centres agréés par ville :
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FAQ
Les 133 points sont-ils les mêmes dans tous les centres ?
Oui. Ils sont définis par la réglementation nationale et s’appliquent dans tous les centres agréés, quelle que soit l’enseigne.
Le contrôleur peut-il être plus sévère dans un centre que dans un autre ?
Le référentiel et le niveau des défaillances sont fixés par les textes. Les centres sont eux-mêmes surveillés par l’administration. Des différences d’appréciation à la marge existent, mais le cadre est identique.
Une défaillance mineure oblige-t-elle à réparer ?
Pas pour obtenir un résultat favorable : une défaillance mineure n’entraîne pas de contre-visite. Il reste recommandé de la corriger rapidement, car elle peut s’aggraver d’ici le prochain contrôle.
Combien de points sont contrôlés sur une moto ?
Le contrôle des véhicules de la catégorie L (motos, scooters, quads, voiturettes) porte sur environ 80 points, selon les mêmes grandes fonctions.
Le triangle et le gilet jaune sont-ils contrôlés ?
Non, ils ne font pas partie des points du contrôle technique, même s’ils restent obligatoires à bord.
Sources
- Légifrance, arrêté du 18 juin 1991 relatif à la mise en place et à l’organisation du contrôle technique des véhicules dont le poids n’excède pas 3,5 tonnes, annexe I (points de contrôle et défaillances).
- Service-public.gouv.fr, fiche F2878 « Contrôle technique d’une voiture (catégorie M1) », vérifiée le 1er janvier 2026.
- Service-public.gouv.fr, fiche F37538 « Contrôle technique d’un 2, 3 roues ou quadricycle à moteur (catégorie L) », vérifiée le 1er janvier 2026.
- Directive 2014/45/UE relative au contrôle technique périodique des véhicules à moteur.
- Décret n° 2025-1180 du 8 décembre 2025 (vérification des rappels graves du constructeur).